Témoignage de Virginie

Novembre 2010, j’ai 29 ans.

Ma relation avec mon ami allemand devient sérieuse. Je décide donc de reprendre la pilule. Ma gynécologue me pose les questions dîtes classiques, dont « avez-vous des antécédents familiaux de problèmes cardio-vasculaires? ». Réponse: « absolument rien »!! Elle décide donc de me prescrire une pilule, selon elle, efficace et spécialement adaptée pour les jeunes filles ayant une tendance à la prise de poids: YAZ.

Lorsque vous consultez un médecin quelqu’il soit, vous avez naturellement tendance à suivre ses conseils et recommandations.

Août 2011, je viens de fêter mes 30 ans.

Nous partons en Grèce avec mon ami, puis allons passer quelques jours dans la famille en Bretagne. J’entreprends de faire ma valise le dimanche pour repartir en Allemagne avec mon ami. Après quelques minutes, je me sens essoufflée. Il fait chaud ce jour là, je cherche un job en Allemagne et je suis stressée, c’est la fin des vacances… Rien d’alarmant, je vais me calmer et ça va passer.

Lundi

Mon ami ne reprend que le mardi. Nous partons faire des courses. Après quelques mètres, je suis de nouveau essoufflée. « Il va vraiment falloir se remettre au sport ma grande », me dis-je. Mon souffle revient, la journée se passe sans nouvelles alertes.

Mardi

Retour des vacances, c’est le moment des lessives. Je descends au sous-sol où se trouve la machine. Deux étages en descente, l’essoufflement reprend, accompagné d’une crispation au coeur. « Calme toi et contrôle ce petit moment de stress ». Je décide de remonter les 2 étages. 1er niveau, très essoufflée, je n’ai plus de force. Quelques marches supplémentaires: je ne respire plus, mon coeur s’emballe, je panique. Seule au beau milieu de l’escalier, une seule solution s’impose: atteindre mon appartement et appeler mon ami. Je respire profondément, je me dis que mon cerveau peut contrôler mon angoisse et que je n’ai pas d’autres choix que de me calmer. Je m’allonge sur mon lit et je me calme après quelques minutes… mais qu’elles étaient longues ces minutes !!
J’appelle mon ami. Il me prend un rdv chez un médecin généraliste qui enchaîne les tests pensant qu’il s’agissait peut être d’une crise d’asthme puis finalement qui me diagnostique une crise de panique/angoisse. Il préfère cependant m’envoyer le lendemain matin chez un cardiologue.

Mercredi

Le cardiologue me fait passer une batterie d’examens et me fait plusieurs prélèvement de sang (l’avantage en Allemagne d’avoir un laboratoire au sein même du cabinet). Au bout de simplement une demi-heure, un 1er verdict tombe: une infection a été détectée. Ils doivent approfondir les examens.

Jeudi

Mon ami passe prendre les résultats des examens. Le cardiologue lui annonce la nouvelle: je fais une embolie pulmonaire. Je dois être emmenée à l’hôpital au plus vite. Il m’appelle, me dit de préparer mon sac et m’explique ce qui se passe. Je suis sous le choc. Je ne connais pas cette « maladie » mais je sais que c’est grave. L’assimilation dans ma tête est rapide. Les gens peuvent mourir d’une embolie pulmonaire. Je m’effondre. Je panique. Je suis loin de ma famille. Vais-je revenir ?!!!

Je suis prise en charge directement à l’arrivée de l’hôpital. Le personnel est rassurant mais je ne sais toujours pas ce qui m’arrive. Je cumule l’angoisse car je suis très difficile à piquer. Difficile de me faire des examens… De nouveau, je panique. Après quelques heures, le verdict: les artères de chacun de mes poumons sont totalement bouchées. Je suis considérée comme un cas « très sérieux » et j’entre en soins intensifs. J’y reste 2 jours car mes constantes sont bonnes. Je reste à l’hôpital 4-5 jours supplémentaires.

La suite… des piqûres toutes les 12h pendant une semaine, renouvelées après 3 semaines dû à un taux de coagulation trop bas, des mois d’examens, de suivi, de papiers, de questions, de traitement.

3 raisons possibles m’ont été exposées: la phlébite lié à un long trajet en avion (très vite écarté me concernant), un souci génétique (des examens plus poussés après plusieurs semaines ont révélé qu’il n’y avait aucun souci génétique) ou la contraception.

Mon médecin et ma gynécologue m’ont confirmé que YAZ était en effet de plus en plus critiquée et devrait être retirée du marché. MAIS POURQUOI DONC CONTINUER A LA PRESCRIRE ? Pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’il s’agit d’un lobbying de la part des laboratoires et que tout ça n’est qu’une histoire de gros sous !!

Mon embolie date de la fin du mois d’Août. Je suis sous Coumadine (un anti-coagulant) pour une durée d’un an. Mon taux de coagulation n’est toujours pas stabilisé et j’enchaîne les prises de sang chaque semaine (exercice plus que pénible étant donné que j’ai un système veineux quasi inexistant).

La dernière « bonne nouvelle » est tombée la semaine dernière. Si je décide d’avoir un enfant, le risque d’embolie est extrêmement élevé pour les femmes enceintes. Je devrais donc pendant 9 mois + quelques mois après la naissance reprendre le protocole de piqûres toutes les 12h.

D’un tempérament optimiste et joyeux, je ne laisserai pas cet « accident » me mettre à terre. Cependant, c’est un évènement qui me marquera à vie. J’ai failli mourir à 30 ans !!! Je suis en colère car je sais aujourd’hui que cet épisode aurait pu être évité.

Je me dis souvent que c’est un combat stérile que de lutter contre ces grosses machines que sont les laboratoires pharmaceutiques. Mais je ne peux cependant pas faire comme si de rien n’était et je tente de passer les bons messages dès que j’en ai l’occasion.

Parlons en !! J’aurais aimé que quelqu’un m’en parle il y a un an !!!!