Témoignage de Sandrine

Bonjour,

Depuis des années je prenais la pilule Trinordiol sans aucun problème, puis un jour en me rendant chez ma pharmacienne pour en acheter, elle me dit que cette pilule n’existe plus. Je retourne voir ma médecin pour qu’elle m’en donne une autre. Elle me prescrit Logynon, une pilule sortant de labo BAYER. La pharmacienne m’en donne pour 6 mois. Je prends ma pilule pendant 2 mois sans problème. Puis un samedi soir, après un repas assez gras, je ressens une douleur au niveau de la vésicule biliaire (coté droit en dessous des cotes). Je me dis que mon calcul biliaire n’a pas aimé mon repas et me le fait payer. Je ne m’affole pas.
Le lendemain la douleur est toujours présente et s’intensifie. Quand je prends de grandes inspirations j’ai mal du coté droit en-dessous des cotes. Je commence à avoir des difficultés à respirer mais je mets ça sur le stress et la fatigue (j’étais en plein régime avec d’intense exercices de cardio). Un matin je me réveille et une douleur est présente sur tout mon coté droit et surtout sur les cervicales et l’omoplate toujours du coté droit. Je me dis que j’ai opté pour une mauvaise position pendant la nuit.  Je suis très vite à bout de souffle mais je mets ça sur le fait que je porte quelques kilos en trop.
Puis une nuit je me réveille en hurlant de douleur et en pleur (j’ai l’impression que l’on me poignarde dans le dos). J’ai très mal en haut du dos. Je me lève et marche dans mon appart espérant faire partir cette douleur. Encore une fois, je me trouve une excuse pour ce mal de dos. Je me recouche et termine ma nuit.
La nuit suivante, je ne supporte pas d’être allongée sur le dos et je me mets sur le coté gauche; position dans laquelle j’ai moins de douleurs. Je me réveille en hurlant de douleur mais décide d’attendre que ça passe.
Le jeudi 10 mars 2011, je me couche, tousse et à un mauvais goût dans la bouche. Je me dis que ce sont des remontées gastriques, rien de bien méchant. Je passe une nuit entre douleurs et douleurs. Ma journée du lendemain se passe, malgré les difficultés à respirer et le mal de dos.
Le 11 mars 2011, vers 19h, je tousse et ai ce même goût dans la bouche, cette fois je décide de cracher dans ma main… du sang… Je demande à mon copain de l’époque de m’amener aux urgences de Dublin (je vivais en Irlande). Je suis vue par une infirmière et lui explique tous les symptômes ressentis pendant la semaine écoulée. 5 minutes plus tard un médecin me voit, je passe un électrocardiogramme et il me fait une prise de sang. Je retourne en salle d’attente, et là l’attente de 3h commence.. Je suis rappelée par une infirmière pour m’entendre dire qu’elle doit refaire une prise de sang car mon sang était plein de caillots et ils ne pouvaient pas l’analyser. Une attente de 2-3h à nouveau. Je suis rappelée et le médecin me dit qu’ils pensent que j’ai des caillots dans les poumons et que demain il faut que je fasse plus de tests. Je suis admise aux urgences. Le lendemain je vais passer un examen afin de voir mes artères. Ils découvrent que je suis entrain de faire une embolie pulmonaire bilatérale. Je suis mise de suite sous piqures Lovenox et médicaments Warfarin (coumadine).
Je suis restée 5 jours à l’hôpital. Tous les 2 jours je devais faire des prises de sang et ce pendant 6 mois. A présent Je suis sous coumadine à vie et prise de sang toutes les 2 semaines pour vérifier ma coagulation.
Le médecin de l’hôpital de Dublin m’a dit que je n’aurais pas survécu 1 journée de plus si je n’avais pas été aux urgences le vendredi soir.

6 mois après mon embolie, je suis rentrée en France auprès des miens.
2 ans après, je réalise la chance que j’ai eu de m’en sortir.  Dès que je ressens des douleurs, je me rends directement aux urgences, je ne mets plus ma santé en jeu.

Les médecins m’ont toujours dit que c’était dû à ma pilule et me l’ont interdit.

Demain, j’ai rendez-vous avec mon avocate afin de porter plainte contre le laboratoire pharmaceutique BAYER. J’ai demandé à toutes mes amies de vérifier d’où sortait leur pilule et d’aller consulter leur médecin.