Témoignage de Patricia

Bonjour,

C’est en 2004 que j’ai fait ma première thrombophlébite avec embolie pulmonaire. Bien honnêtement, la phlébite m’a beaucoup fait souffrir mais l’embolie est passée inaperçue. C’est à l’examen pulmonaire qu’on l’a détectée. J’avais 2 ou 3 caillots qui s’étaient déjà logés dans le poumon droit.

On m’a dit que c’était fort probablement arrivé en raison de ma prise d’anovulants depuis des années, puisque j’étais âgée de 34 ans. On m’a alors prescrit des anovulants à base de Progesterone uniquement. Suite à cela, j’ai été anticoagulée (Coumadin) pendant 6 mois.

En 2008, je suis tombée enceinte. 2 mois plus tard, je faisais une fausse-couche avec hémorragie. On m’a dit que ce début de grossesse semblait s’être passé très normalement, que le coeur du « bébé » s’était tout simplement arrêté, de ne pas m’en faire et de ne pas hésiter à « essayer » de nouveau à avoir un enfant.

J’ai également fait 1 ou 2 autres phlébites superficielles durant ces années, mais sans conséquences alarmantes.

Au printemps 2011, j’ai décidé de rencontrer un pneumologue, le même qui m’avait rencontrée en 2004 lors de ma première phlébite, afin de parler des risques pour moi d’envisager une nouvelle grossesse car ma gynécologue, apprenant que j’avais déjà fait une phlébite, avait été très traumatisée d’apprendre qu’aucun suivi médical n’avait été fait pour m’accompagner lors de ma première grossesse. La thrombophlébite est la première cause de mortalité chez les femmes enceintes.

Par HASARD, le pneumologue a consulté mes anciens bilans sanguins et il a cru détecter une anomalie dans les résultats. Il m’a alors fait passer des tests sanguins plus poussés et m’a avisée que les résultats prendraient environ 1 mois avant d’être connus.

Deux semaines plus tard, je faisais une deuxième thrombophlébite avec embolie pulmonaire. Cette fois-là, je savais ce qui se passait. La douleur dans ma jambe ne laissait aucun doute. Débutée un samedi, la phlébite m’inquiétait énormément mais j’étais prise dans un congrès à l’extérieur de la ville durant tout le weekend. Dès le lundi matin, j’ai été me faire examiner à l’urgence. On m’a dit que c’était un phlébite superficielle, de surveiller le tout et de revenir à l’hôpital si des malaises se faisaient sentir. Durant les jours et nuits suivants, j’ai vécu l’horreur, convaincue que je ne me réveillerais pas, qu’une embolie m’emporterait. Le jeudi matin, à mon travail, j’ai avisé mon patron que je quittais pour l’hôpital, que j’étais trop inquiète. Un bénévole est venu me reconduire.

Une fois rendu à l’urgence, on n’a pas semblé très disposé à prendre mes craintes au sérieux. Puis, un urgentologue m’a examinée et interrogée. Il m’a demandé, entre autre, si je ressentais un serrement dans la poitrine, semblable à de l’angoisse. Je lui ai répondu que, oui, j’étais angoissée, et que, oui, je ressentais un serrement. Mais était-ce pour autant une embolie ? Je ne le savais pas… Tout de suite, il m’a prise au sérieux et m’a fait entrer dans l’urgence pour me stabiliser (moniteur cardiaque, anticoagulation par héparine, puis examen pulmonaire (Taco), qui a confirmé que j’avais plusieurs caillots au poumon droit.)

J’ai passé 24h à l’urgence et on m’a appris qu’en raison de ces 2 thrombophlébites avec embolies, je serais désormais anticoagulée pour le reste de mes jours. J’ai beaucoup pleuré et je me suis apitoyée, en grande partie parce que je savais que ma carrière de « cavalière » (équitation classique) était compromise, pour ne pas dire terminée…

Suite à tout cela, on a découvert que j’avais une maladie du sang génétique, héréditaire et incurable, le déficit en Protéine C. En résumé, mon sang a un défaut, il produit des caillots. Ce défaut du sang occasionne des embolies, mais cause également des fausse-couches car ces « caillots » bloquent les vaisseaux sanguins qui alimentent le placenta. Et si le bébé survit, il risque d’être de petit poids car il n’aura pas été bien alimenté. Bien entendu, les risques de phlébites sont accrus pour la mère, sans compter les autres complications possibles…

Aujourd’hui, en 2012, je suis toujours anticoagulée par héparine, j’ai repris l’équitation, mais je n’ai toujours pas d’enfants. Certains médecins m’ont dit que la vie m’avait sauvée 2 fois, de ne pas prendre de risque inconsidéré. D’autres m’ont dit de ne pas avoir peur, d’avoir une belle grossesse sans inquiétude.

Qui dit vrai ?

En attendant, je remercie la vie chaque jour de m’avoir laissé des chances, et je tâche d’apprécier les petits bonheurs qui se présentent.