Témoignage de Marie

Bonjour à toutes,

La semaine dernière Le Figaro a révélé que 7 décés étaient imputés à la prise de la pillule Diane 35. Cette annonce a fait l'effet d'une bombe sur moi et d'une réelle prise de conscience de ma part car malheureusement cette pillule a failli me tuer à l'âge de 18 ans(en 2005). Je ressens le besoin aujourd'hui de m'engager auprès des autres victimes et de livrer mon témoignage.

J'ai commencé à prendre cette pillule à 18 ans essentiellement au départ en solution à mon acné. Après 3 mois de traitement, j'ai commencé à avoir des essoufflements à l'effort. Monter un escalier ou marcher quelques centaines de métres devenait un effort violent suivi d'une crise d'essoufflement importante.
Je ne me suis pas inquiétée au départ et j'ai mis ça sur le compte de mon surpoids. Mais un matin en prenant ma douche , j'ai failli m'effondrer car je ne pouvais plus respirer du tout. j'ai juste réussi à m'asseoir et j'ai mis plusieurs minutes à reprendre mon souffle, un peu comme une grosse crise de panique. Là je me suis dit que quelque chose n'allait pas.

Je suis allée voir mon médecin qui m'a prescrit une prise de sang pour le dosage de mes D-diméres. L'après-midi même alors que j'étais en cours ma mère m'a appelé en me disant que mes résultats étaient revenus anormalement élevé et que mon médecin souhaitait que je passe en urgence une radio pulmonaire. Celle ci n'a rien révélé et devant l'inquiétude de mon médecin je suis allée aux urgences.
S'en ai suivi une série d'examens: prise de sang, scanner etc mais les médecins et infirmières ne me donnaient aucun diagnostic. La nuit arrivant on m'a placé dans un service d'hospitalisation de courte durée. Puis après seulement 30 min dans ce service ou j'étais accompagnée de ma maman on est venu nous dire que je devais être hospitalisée immédiatement en soins intensifs de cardiologie… crise de panique pour ma mére et moi car on ne me disait toujours pas ce qui n'allait pas…
L'arrivée aux soins intensifs… souvenir affreux! équipe soignante adorable mais en quelques minutes tu te retrouves branché de partout et tu comprends toujours pas pourquoi, très flippant. Le lendemain j'ai é transféré en cardiologie, je suis restée hospitalisée pendant 1 semaine. Traitement anticoagulant, examen en batterie mais toujours pas de diagnostic! Ce n'est que la veille de mon départ que l'on m'a enfin dit que j'avais fait une embolie pulmonaire liée à ma pillule ET un facteur génétique favorisant les accidents thrombo-emboliques. J'ai é sous traitement anticoagulant pendant 6 mois.

Voilà mon expérience. Ce qui me choque toujours aujourd'hui c'est que les médecins ont mis longtemps à me donner un diagnostic car pour eux ils étaient impossible que je fasses une embolie pulmonaire, c'était selon eux une "maladie de vieux".
Il n'y a aucune évaluation des risques avant la prescrition de pillule ce qui signifie que des personnes ayant cette mutation de facteur génétique comme moi peuvent recevoir la mauvaise pillule. Il faudrait une réelle prise de conscience de l'opinion publique sur ce probléme majeur et qui peut être mortel…

Aujourd'hui je suis infirmière et je vois au quotidien des problémes de phlébite ou embolie pulmonaire, j'en ai des frissons à chaque fois…