Anaïs, Victime d’une Embolie Pulmonaire, 22 ans, Pilule

Il y a cinq mois maintenant, j’ai fait une embolie pulmonaire. J’ai 22 ans, je ne fume pas, je ne suis pas en surpoids, et je n’ai pas voyagé en avion ou en train.

Voici mon histoire pour peut-être aider les autres à reconnaître les symptômes de cette maladie.

Début Avril 2012.

Je venais de passer les écrits du concours de l’agrégation d’anglais : 4 jours d’épreuve, jusqu’au Vendredi soir. Le mercredi matin de la semaine suivante, j’avais une douleur en respirant, comme une pointe de côté assez douloureuse quand j’inspirais. Bizarre, mais « ça va passer… ».  Dans la nuit du mercredi au jeudi, une douleur dans l’avant de l’épaule gauche me réveille ; mais le matin cette douleur n’est plus aussi intense. Le stress, la fatigue… ? Je me dis que je me suis peut-être bloqué un truc. Dans la nuit du Jeudi au Vendredi, cette douleur à l’épaule me réveille encore ; mais le Vendredi matin je dois travailler donc je surmonte la douleur qui s’étend maintenant également dans l’arrière gauche des côtes. Je me dis de nouveau que j’ai certainement un nerf de bloqué, et qu’il faudrait que je prenne rendez-vous chez un ostéopathe. Dans la nuit de Vendredi à Samedi, j’ai beaucoup de mal à m’endormir. Je pleure de douleur, mais trouve quand même finalement sommeil. Samedi matin, je me sens toujours mal, mais je dois participer à l’enterrement de vie de jeune fille d’une très proche amie. Je décide donc de ne pas aller chez le médecin car je ne veux pas louper cette journée. On fait la fête, on participe à un cours de zumba… ! Seulement, on est au week-end de la pentecôte et je me dis intérieurement que je ne pourrai jamais supporter cette douleur jusqu’à un éventuel rendez-vous le mardi suivant chez un ostéopathe. Mon copain et moi rentrons chez nous aux alentours d’1h30 car je ne profitais vraiment pas de la soirée. Seulement en essayant de m’allonger dans mon lit, je me tordais de douleur. Impossible de m’allonger plus d’une seconde. La douleur me fait pleurer et plus je sanglote, plus j’ai mal et plus j’ai de difficultés à respirer car c’est en inspirant que la douleur apparaît. Mon copain, inquiet, me dit qu’il m’emmène aux urgences. Je suis prise en charge immédiatement mais le diagnostic met du temps à tomber car je n’ai pas le profil-type pour une embolie. Après un scanner, on m’apprend que j’ai une embolie bilatérale. Je reste une semaine au service pneumologie, et les médecins n’avouent qu’à demi-mots que la pilule peut être un facteur de risque mais « pas à elle seule ». Les résultats des tests génétiques se sont avérés négatifs.

Je suis sous traitement anti-coagulant pendant au moins six mois (un traitement tout de même contraignant). Pour l’instant je suis rassurée, mais après le traitement, tant de questions trottent dans ma tête… Ma nouvelle gynécologue m’a dit que mon embolie allait compliquer « la contraception et la grossesse »…mais je ne sais pas dans quelle mesure… et puis j’ai peur de devenir paranoïaque face à mes douleurs. J’ai l’impression d’avoir eu beaucoup de chance de m’en sortir indemne.

Je me reconnais dans beaucoup de témoignages de votre site et surtout il m’a aidé à me sentir moins seule et à me rassurer. Merci et bonne continuation dans votre aventure,

Anaïs.