Sophie, 36 ans, Victime de thrombose veineuse profonde proximale, Méliane

En 2009, je ressens un dimanche une douleur dans la fesse gauche. Venant de fêter mes 32 ans, je ricane et dis "c'est la vieillesse qui me prend"… le lundi la douleur est plus forte, me descend dans toute la jambe; je prends rdv chez mon généraliste qui diagnostique une sciatique, et me donne des anti douleurs. Le mardi ma jambe est raide, commence à gonfler, mais le demarrage de mon projet d'étude (j'ai repris un master en alternance avec mon travail), m'oblige à me bouger, à traverser Paris pour assurer. Le soir ma jambe est rouge, énorme et la douleur très importante. Et là bêtement je n'ose pas me rendre aux urgences (ne pas déranger des médecins pour rien!!! quelle idiote…). Poussée par mon mari j'appelle SOS Medecin, le medecin confirme la sciatique, me fait une prescrition pour le rhumatologue mais dans le doute appelle un laboratoire pour me faire un prélèvement sanguin. Prise de sang à 3h00 du matin, résultats à 7h30, le médecin me rappelle et m'informe que mon taux de D-dimères a explosé la normale et que je dois me rendre en urgence à l'hôpital.
Là commence une journée d'angoisse, de solitude terrible : que m'arrive-t-il? et si c'était grave? Je fais des crises de panique, mon coeur s'embale, j'ai peur. Vers 13h30, c'est enfin mon tour de passer un doppler. Là on me parle trombose, les médecins sont 2 (une en formation?) et se posent des questions qui m'inquiètent "elle est proximale?" "elle va jusque là?"… très doucement elles répondent à mes questions, oui c'est une phlébite "aggravée" et qui est montée assez haut…. Je ne réalise pas totalement, tous ces mots sont inconnus pour moi… je repars de la salle d'examen reprendre ma place dans le couloir des urgences. Re-peur, re-panique… je me demande quand est ce qu'il m'ont me donner un médicament??? Vers 16h30, enfin, le protocole est validé, je reçois ma première injection et assez rapidement je commence à re-sentir un peu ma jambe.
Un médecin du service de médecine vasculaire vient m'expliquer mon cas, me propose de rester quelques jours à l'hôpital pour de plus amples examens (ouf c'est les vacances scolaires, les enfants sont chez les grands-parents!!);
J'ai échâppé à l'embolie pulmonaire (bien que tellement stressée l'examen n'ai pas permis de visualiser l'intégralité de mes poumons).
C'est tellement soudain ce qui m'arrive, si jeune que personnellement j'ai été totalement chamboulée!!! Grosse fatigue d'abord, le contre coup est rude et puis la recherche de la "la cause". Un cancer digestif? des problèmes cardiaques? un facteur génétique? Au moment de ma TVP je ne fume plus depuis longtemps (peut etre une cigarette de temps en temps)…
On me parle comme cause de la Pilule… oui je prends la pilule Méliane depuis mes 18ans, j'ai eu 2 enfants mais après chaque grossesse j'ai recommencé ma pilule (ayant peu de connaissance des autres moyens de contraception et sur proposition des gynécologues, allons y c'est pratique et ça marche bien… facile quand on ne connait pas les autres méthodes!!)
Je découvre aussi la joie des bas de contention classe 3, les allergies aux bandes collantes… Vous voulez quoi comme couleur? Noir ou marron vieille mémé??
L'été arrive… il me faut apprendre à accepter de ne plus porter ni jupe, ni pantacourt, ni jolis nu-pieds.. Ok c'est dérisoire par rapport au fait d'être vivante et en bonne santé mais c'est dur j'ai tendance à me dire "je ne suis plus une vraie fille"….
Et puis il me faudra un an pour perdre cette peur de mourir, je deviens totalement hypocondriaque, la moindre douleur devient le symptome d'une grave tumeur…
 Un changement de région, un traitement d'anti dépresseurs et d'anxiolytiques et un divorce plus tard, je reprends pieds et me reconstruis peu à peu.
Cet été pour la 1ere fois j'ai accepté l'idée de montrer un peu mes bas, j'en accepte le port… Ma veine fémorale restera bouchée, ma jambe gauche reste plus grosse que la droite mais mon corps a "fabriqué" des dérivations. Je vis bien, je suis heureuse et je pense avec beaucoup d'émotion à toutes celles qui n'ont pas eu ma chance.
C'est émouvant de lire tous ces témoignage mais ça fait aussi un bien fou. Avant, je me pensais isolée, aujourd'hui je comprends que nous sommes très nombreuses.
Dans beaucoup de témoignages je retrouve des mots que je pense, des ressentis dont j'avais presque honte. MERCI
Je témoigne aujourd'hui car je ne supporte plus d'entendre qu'il ne s'agit que de 4 cas sur 10000!!!! La pilule, non remboursée, fait prospérer des laboratoires alors pourquoi proposer des stérilets qui durent 5 ans et coûtent peu??