Pauline, 26 ans, Victime d’une double embolie pulmonaire et thrombose veineuse, Nuvaring

Je rentre tout juste de l'hôpital et en lisant les témoignages collectés je pense et souhaite sincèrement que l'information sur les risques liés aux contraceptifs finiront par être entendus.

J'ai 26 ans, j'étais sous Nuvaring depuis 3 mois, je fumais moins de 10 cigarettes par jour et si dimanche dernier j'avais décidé d'aller voir un médecin généraliste au lieu d'aller aux urgences je ne serais sans doute plus là.

En début de semaine dernière j'ai senti une douleur violente au mollet. J'ai pensé à une crampe, une contracture voire une déchirure musculaire, bref à tout sauf à un caillot. La douleur a persisté 3 jours, du mercredi au vendredi et j'ai pris du paracétamol, de l'ibuprofène et massé avec un antalgique sans succès. Je ne pouvais plus marcher plus de 100 mètres et la douleur était présente peu importe la position, pied pointé, flex ou jambe au repos.

Samedi matin la douleur avait disparu comme par magie. Rien. Par contre, une nouvelle douleur est apparue dans le dos, sous la cage thoracique, un peu comme un point de côté, que j'ai mise sur le compte d'étirements faits la veille. La douleur a empiré tout au long de la journée. Impossible de rester assise, debout et encore moins allongée. Le soir venu, d'un seul coup, inspirer est devenu très douloureux, j'ai eu des vertiges et mal à la tête.

Après une nuit sans sommeil, j'ai décidé de consulter le matin. N'ayant pas de médecin traitant ici (je vis aux US), j'ai décidé de partir avec ma carte bleue sous le bras aux urgences.

Tout semblait normal au vu des premières analyses mais comme je hurlais de douleur au toucher, les médecins ont d'abord pensé aux reins et fait faire une prise de sang. Prise de sang à laquelle ils ont ajouté les D-dimères "au cas où". Bingo. Taux astronomique. Malgré le fait que ma tension soit normale. Après un passage au scanner et trois doses de morphine pour parvenir à me faire m'allonger, la présence de plusieurs caillots dans les deux poumons était confirmée et je recevais ma première injection d'anti-coagulants.

Je suis donc restée trois jours à l'hôpital pour des tests complémentaires, trouver une solution aux douleurs insupportables liées à l'inflammation du poumon droit, et trouver la cause de cette embolie.

Pour les médecins il était clair que l'association tabac + Nuvaring était la cause première. Je suis donc interdite de contraception hormonale et désormais patchée. Cependant, au vu de mon âge et de la quantité de tabac, ils soupçonnent une prédisposition à la thrombose qui n'a jamais été détectée. Pas d'antécédents familiaux ou encore de voyages récents en avion.

Ce que je regrette? D'abord que cette possible prédisposition ne fasse l'objet de tests que maintenant, et pas AVANT la prescription de Nuvaring. J'avais déjà eu des douleurs à la poitrine il y a 5 ans lorsque je prenais Jasmine, douleurs qui avaient disparu  le jour suivant l'arrêt de la pilule. Ensuite, je regrette que l'information sur l'association pilule-tabac quelque part minimise les risques avec les contraceptifs locaux comme Nuvaring (par rapport à une pilule classique) et que l'on considère ce risque comme étant vraiment alarmant à partir de 35 ans. Ce risque est trop souvent considéré comme bénin, par moi la première. Même l'infirmière qui s'occupait de moi en pneumologie fumait et portait Nuvaring! Enfin, si les risques de thrombose et de ses complications sont énoncés par les médecins, pas un ne m'a alertée des symptômes associés. J'aurais couru aux urgences bien avant si j'avais su qu'un caillot pouvait exister dans mon mollet et il n'aurait peut-être pas eu l'occasion d'atteindre mes poumons.

Bref, je regrette d'en être arrivée là lorsqu'avec une information simple j'aurais pu éviter cette situation. Je souhaiterais désormais faire passer le message du médecin qui a fait le premier le diagnostic et qui m'a en fait sauvée: "smoking and taking birth control is just like drinking and driving: you choose or you die. That's it."  (fumer et prendre un contraceptif c'est comme boire et conduire: tu choisis ou tu meurs. C'est tout)

Pauline, sous anti-coagulants pour 6 mois, interdite de contraceptif hormonal et désormais patchée pour de bon.