Liz, 44 ans, Thrombose, Harmonet

Dix ans sous pilulle Diane 35 puis Harmonet. Je n'ai jamais fumé, n'ai pas de souci de santé. On m'a proposé une "nouvelle pilule" j'étais contente, moins c'était dosé, moins c'était chimique…Cet été, je chute car mon pied droit ne répondait plus. On diagnostique une entorse, mais la force de la douleur dans le mollet me pousse à consulter de nouveau : thrombose. Arret de travail, prises de sang tous les deux jours, anticoagulants.. . A cause de cette thrombose, interdiction de toute nouvelle grossesse, et de toute contraception orale, la solution préconisée est la stérilisation, et le grand plaisir du port permanent de bas de contention !  malgré ceci, je m'interroge : certes la pilule est dangereuse, voire mortelle. Nous faisons semblant de ne pas le savoir, mais il nous faut reconnaitre que parfois aussi, nous ne voulons pas entendre les recommandations des médecins ni lire les notices. il faut aussi reconnaitre que ce risque reel et que je supporte, je le prendrais de nouveau si c'était à refaire car quelles sont les alternatives? combien d'accidents liés à la pilule, combien liés aux avortements? aux couples brisés par une contraception moins confortable…. je ne veux  minimiser aucune douleur mais je veux aussi replacer ma réflexion dans le schéma "bénéfice/risque". Toutes, que nous soyons tres jeunes femmes, ou mères de familles déja plus ou moins nombreuses , que répondons nous quand nos médecins nous demandent si notre sexualité ne peut pas être maitrisée autrement? nous répondons souvent NON car la pilule est arrivée comme un miracle et nous voulions croire que c'en était un.  Nous avons subi les aléas de nos corps pendant des millénaires, la médecine et la chimie sont arrivées (contraception antibiotiques vaccins…), nous avons confondu soins, et confort, j'en suis victime, mais aussi responsable.

Aujourdh'ui, mes filles commencent leur vie sexuelle, et honnetement, je ne sais quoi leur conseiller : le stérilet (quels risques chez une toute jeune fille), les hormones avec les risques qu'on connait désormais ou le préservatif avec sans cesse les craintes du "on n'a pas su bien le mettre" "on l'a mis mais un peu tard" ….. si tant de jeunes femmes sont si malheureusement touchées, je me demande si ce n'est pas parcequ'entre deux maux, il faut choisir le moindre, ce qui ne veut pas dire "aucun mal".