Laurie, 20 ans, Victime d’une péricardite sèche, Diane 35

Bonjour, je n’ai jamais pensé parler de mon expérience, jusqu’à ce qu’une amie me demande ce que je pensais de Diane 35 car son médecin vient de la lui prescrire pour son acné… Je viens donc d’apprendre que depuis janvier de cette année (2014) ce médicament est de nouveau autorisé !Moi aussi, on me l’a prescrite et je vais vous raconter mon histoire. C’était vers l’âge de 17 ans, on m’a prescrit Diane 35 pour et uniquement pour mon acné. Tous les multiples autres traitements n’avaient eu aucun effet (et Diane 35 prise pendant près de 8 ans n’aura jamais eu un quelconque effet sur moi).Je prends donc cette pilule miracle et suis contente de savoir que cela me fait également office de future contraception, une « liberté » en somme.Environ 3 ans après avoir commencé Diane 35, si on enlève le fait que de multiples varicosités sont apparues sur mes jambes et que mes seins sont devenus gonflés et douloureux à tout moment du cycle, il est arrivé quelque chose de très étrange. Un soir, je rentrais de la fac, c’était la fin d’un examen, bientôt les vacances de Noël, j’étais heureuse et zen. Une douleur transperçante est survenue dans mon dos. Je n’ai pas compris, j’ai cru avoir fait un faux mouvement, je n’avais jamais ressenti de douleur dans le dos auparavant. Puis la douleur a transpercé mon corps et a atteint l’endroit du cœur. J’avais beaucoup de mal à respirer. A chaque inspiration et à chaque expiration mon cœur se serrait très fort et me faisait très mal. Habitant à l’époque juste en face d’un cabinet de docteurs qui n’était pas mon médecin traitant, j’y suis quand même allée dans l’urgence en expliquant ma soudaine douleur incompréhensible. Le docteur est très pressé, il doit aller chercher son fils à l’école, il me dit ne pas pouvoir m’ausculter et me conseille d’appeler les urgences.Je rentre chez moi un peu désespérée et tente de ne pas m’affoler. Mais la douleur se fait de plus en plus insupportable. Le moindre mouvement me transperce le coeur de douleur et me fait crier, ce qui intensifie la douleur. Je me recroqueville sur le sol, n’osant plus bouger et à peine respirer. Peu à peu je me suis mise à pleurer de douleur, si bien que les expirations dues au sanglot étaient d’autant plus douloureuses. J’appelle mon copain en lui demandant de venir sans pouvoir lui expliquer quoi que ce soit tellement j’ai de la difficulté à parler, à sortir un souffle de mon corps sans crier de douleur. Me voyant dans cet état, il appelle un de ses amis qui a une voiture et ils m’emmènent aux urgences.Là haut, on me fera toute la soirée des tas d’examens en disant qu’il n’y absolument rien. Mon électrocardiogramme est « parfait », mes poumons également. Je rentre chez moi shootée au paracétamol et sans presque plus de douleur.Trois jours passent et la douleur reprend de plus belle. Beaucoup plus forte. J’ai l’impression que je suis en train de faire une crise cardiaque, mon cœur se sert si fort si fort, et j’ai tellement peur de respirer trop fort et de le casser que je respire à très petites bouffées. A l’hôpital, on me gardera une semaine, me faisant toutes sortes d’examens en cardiologie : des ECG, des radiographies, IRM, une échographie du cœur. Une scintigraphie (pour voir les poumons). Ils m’auront gardée presque de force la nuit de Noël et le lendemain, par peur disaient-ils d’une embolie pulmonaire (alors que ma douleur à ce moment commençait à se dissiper : savez-ils quelque chose qu’ils ne voulaient pas me dire ? Avaient-ils fait un lien avec Diane 35, seul médicament que je prenais alors ?). Ne sachant pas, selon leurs dires, d’où venait mon problème, ils m’ont diagnostiqué par élimination une « péricardite sèche » (infection du muscle du cœur), non visible à l’échographie et m’ont shootée aux antibiotiques.Le seul médicament que je prenais à cette époque était DIANE 35. Jamais ils n’ont daigné faire de rapprochement. Et j’ai moi-même mis des années avant de faire le rapprochement.Ces douleurs au cœur et ces peines à respirer sont parfois revenues au cours de ces années (où j’ai continué à prendre cette pilule) de façon toujours aussi soudaine mais heureusement moins intense. J’ai eu la chance qu’un tel épisode aux urgences ne se reproduise plus bien que j’aie continué encore longtemps à prendre cette pilule. J’ai eu la chance de ne pas faire ce qu’ils avaient alors craint : un AVC ou une embolie pulmonaire. Ils n’ont jamais évoqué la pilule, j’ai continué à la prendre des années durant sans imaginer une seule seconde qu’elle puisse avoir été responsable de cet épisode aux urgences. J’ai eu la chance que cela n’ait pas été si grave. Cela fait maintenant quelque temps que je ne prends plus cette pilule ni aucune contraception. Pourtant, parfois, cette étrange douleur, ce pincement dans le cœur, cette difficulté à respirer reviennent de façon légère, comme un reste du poison qui circulerait encore dans mon corps. Bien que non fumeuse, et menant une vie très saine, je suis par ailleurs devenue très essoufflée au moindre petit effort (monter un étage par exemple).Dire que j’avais pris Diane 35 seulement pour avoir une belle peau…