Juliette, 21 ans, Victime de phlébite, Diane 35

Bonjour,
Je m’appelle Juliette, j’ai 21 ans. Je suis étudiante en dernière année dans une école de communication à Paris. Je précise, car il sera intéressant pour la suite de le savoir, que j’ai été sous Diane 35 depuis 6ans. D’abord utilisé comme traitement contre l’acné, puis comme moyen de contraception. Evidemment, aucunes prises de sang avant pendant ou après la prise du médicament. Aucun contrôle, tous mes médecins (gynécologues, dermatos et généralistes) me la délivraient sans exigences médicales.
Vos témoignages m’ont beaucoup touché, et malgré toutes les démarches que j’ai fait pour dénoncer ce qui m’est arrivé, j’ai voulu laisser la trace de mon expérience sur votre site.
Pour que d’autres jeunes filles soient prévenues, pour faire hommage à celles qui n’ont pas eu le temps d’être prévenues.
En ce qui me concerne, je suis malheureusement encore dans le cirque infernal de la thrombose.
Voici mon histoire.
Partie en Erasmus pour un semestre à Madrid. Un dimanche matin je me lève, énorme crampe dans le ventre. Sans signes avant gardistes, je ne m’affole pas je pars au travail.
Dans la matinée, la douleur s’accentue, descend un petit peu dans l’aine. A midi, je ne marche plus. Passé des heures au téléphone avec des médecins occupés, je suis admise aux urgences espagnoles, on me décrète (après prises de sangs et scanner)… une cystite doublé d’un kyste ovarien et de gros problèmes musculaires dans le dos. D’accord. On me fait des piqures de valium et on me laisse repartir encore boiteuse avec une boite de paracetamol.
Dans la nuit, douleur terrible dans le ventre et la jambe: ma jambe gauche fait le triple de la droite.
Ayant très peur et ne faisant plus confiance à la médecine espagnole, je décide sur un coup de tête de rentrer à Paris (en avion) dans la matinée. Problème: je ne peux absolument plus me déplacer tellement la douleur est persistante. J’appelle donc un taxi, qui me porte jusqu’à sa voiture, qui ensuite me trouve une chaise roulante à l’aéroport, et l’on m’accompagne jusque dans l’avion. L’altitude à fait de ce voyage en avion les heures les plus terribles de cet épisode.
Arrivée à Paris, ma famille m’emmène directement chez le médecin. Le verdict est sans appel: Je suis en pleine phlébite, l’heure est grave. Ma jambe et mon bas ventre sont rouges, durs et boursouflés.
Je suis donc admise aux urgences vasculaires de Georges Pompidou, Paris XVIe. Je fais un séjour à l’hôpital d’une semaine. Sous morphine du début à la fin, même un mois après mon retour à la maison. Après de multiples tests, on découvre que je n’ai aucun facteur de malformation, ni le facteur 5 de Leiden, ni de problème avec la Proteine C ni rien. Je ne fumais plus, faisais beaucoup de sport. Mon seul tord: la pilule Diane 35.
Depuis, je suis sous Xarelto ( l’anticoagulant le plus efficace) et je dois porter des collants de contention force 4 tous les jours. Je suis aussi régulièrement suivie à l’hôpital et par un phlébologue. Ma jambe n’a pas dégonflée alors que cela fait 5mois.
A l’hôpital, on m’a changé de contraception pour Cerazette, car c’est la seule pilule qui pouvait me convenir après avoir fait une phlébite. Mais celle ci m’a déclenché des règles de 7 semaines!!!!!
Cette histoire ne m’a apporté que de gros problèmes de santé.
Je ne cesse de répéter à toutes mes copines :
Par pitié arrêtez vos pilules sous quelque forme soient elles! Il y a d’autres moyens de contraception je vous l’assure. C’est trop dangereux et douloureux.

Merci de m’avoir lu et j’espère que ca pourra faire bouger les choses.
Bien à vous,

Juliette