Jézabel, 43 ans, Victime d’un AVC, Pilule 3ème génération

Une longue histoire résumée en trois lettres : AVC

Le 02 mai 2012, c'est arrivé lorsque je mangeais tranquillement en attendant le débat politique du second tour de la présidentielle.

Une heure plus tard, j'ai émergé des profondeurs (mes défunts). J'étais bien avec eux… Pour autant, IL en a décidé autrement. Dans mon premier souffle, je Lui ai envoyé un Merci.

A partir de ce moment, j'ai attendu 13h pour demander de l'aide. En réalité, J'ai eu une sorte d'amnésie qui ne me permettait pas évaluer et d'enregistrer les informations que mon corps envoyait à mon cerveau. Je me rendais compte qu'il n'était pas normal de ramper pour se déplacer mais rien ne m'alarmait vraiment. Vivant seule, je n'ai pas pris non plus conscience de mon aphasie, pas plus que de mon hémiplégie. Lorsque j'ai voulu appeler à l'aide, je ne connaissais plus le numéro du Samu et je ne savais plus me servir du téléphone. Malgré moi, ce jour là, je disais adieu à celle que je connaissais si bien…

Il se peut fort bien que mon caractère de battante et mon très bon mental aient été les principaux facteurs de mon évolution à l'Hôpital, dans un premier temps et dans un autre Centre, par la suite. Comme un nourrisson puis un enfant, j'ai du tout réapprendre. J'ai connu aussi l'innocence et la pureté… C'est un délicieux souvenir. La nature m'a porté dans ma renaissance. Elle est encore pour moi synonyme de force et de protection. Mon AVC m'a complètement désinhibée mais a aussi décuplé ma sensibilité.

Le corps médical qui m'a suivi et continu de me suivre a été formidable avec moi, pour la plupart d'entre eux. C'est tellement important de se sentir entourée et aimée. Leurs connaissances et expériences en la matière leur permettent de comprendre ce que, nous-même, nous sommes loin d'être en mesure de soupçonner. Si je ne savais pas réellement dans quelle aventure l'AVC me menerait, je pensais que j'allais pouvoir leur montrer qu'ils se trompaient, au moins en terme de temps… Oh ce fichu temps et cette patience tant sollicitée !

Je comprends aujourd'hui seulement qu'ils sont mes meilleurs amis. Après avoir connu une progression fulgurante durant plus d'un an 1/2, je vis à présent une grosse dépression. Si nous faisons tout pour oublier ce qui nous est arrivé, notre société nous le rappelle malheusement, sans ménagement !

J'étais à mon compte. J'exerçais le métier de masseuse (shiatsu-thai-massage assis en entreprise). J'enseignais également certaines de ces pratiques qui sont à la base très physiques. J'étais en très bonne condition physique et avais une hygiène de vie saine mis à part quelques cigarettes périodiques. Selon mes soignants ma consommation ne peut pas être la cause première de mon AVC.

Aujourd'hui, j'ai 43 ans et je ne suis plus en mesure de reprendre en l'état cette activité qui m'épanouissait tant ! J'ai du quitter la capitale trop bruyante et agitée pour moi. Aujourd'hui, je dois donner un nouveau sens à ma vie…

D'un point de vue médical, la piste du syndrôme des APL a été écartée par l'hôpital, au bout de quelques mois.
Deux personnes de mon entourage proche m'ont alertées sur les conséquences de la pilule de 3ème et 4ème génération. En effet, à la date de mon AVC nous n'en entendions pas parlé. Je les ai écoutés et j'ai découvert que ma pilule faisait partie de la 3ème génération. Depuis le 30/09/09, ma pilule a été remplacée par "Varnoline continue".
Ayant besoin de comprendre la cause de mon accident, toujours non détectée par mes médecins et neurologues, j'ai décidé de déposer mon dossier en pharmacovigilance. Le Docteur qui a traité mon dossier ne peut rien me dire si ce n'est de m'adresser à une association d'aide aux victimes ou à un cabinet d'avocats pour porter plainte.

Je témoigne aujourd'hui dans l'espoir de sauver des vies ! C'est en posant des actes que nous pourrons faire bouger les choses.

A tous, je souhaite une année 2014 faite de progrès !

Jézabel.