Jessica, 23 ans, Victime d’embolie pulmonaire et phlébites, Minesse

Je ne sais pas pourquoi après autant de temps je me décide à témoigner.
J'avais 19 ans quand j'ai commencé à prendre la pilule MINESSE. Je n'ai jamais cherché à avoir d'autres contraceptifs, pour moi la pilule était un choix normal et je n'ai pas parlé avec ma gynéco des effets secondaires pourtant on compte des phlébites chez plusieurs membres de ma famille.
A 23 ans en plein été, j'attrape un gros rhume. Une fois celui-ci guéri je ressens une grosse douleur quand je respire, je mets ça sur le compte de ce gros rhume et ne consulte pas. Après 3 jours je n'en peux plus, je n'arrive plus à m'allonger et j'ai beaucoup de mal à respirer, je vais chez un médecin généraliste qui me prescrit une radio sur laquelle on ne voit rien donc verdict : vous n'avez rien. Pourtant le lendemain matin je vais aux urgence, je n'en peux plus j'ai trop mal, je suis très bien prise en charge. On me donne des calmants qui m'aident enfin à me reposer, en effet, après plusieurs jours sans m'allonger je n'arrivais pas à dormir. La médecin me fait une prise de sang dans l'artère et là on voit que je n'ai pas assez d'oxygène dans le sang. A partir de là mon séjour aux urgences ne se passera pas très bien. En effet, je pense que le personnel médical devrait prendre des cours de psychologie ou faire attention à ce qu'ils disent.
Après cette prise de sang un scanner est prévu, en attendant je veux aller aux toilettes et on me propose la bassine je rigole en pensant que c'est une blague on me répond "si vous avez une embolie pulmonaire vous pouvez vous lever et mourir" Je me rend enfin compte que c'est peut être grave. Après le scanner le verdict tombe : embolie. Je pense que tous les internes de l'hôpital défile aux urgences pour voir le cas de la journée : la fille de 23 ans qui a une embolie, on me déshabille sans me le demander (on me tire sur mon pantalon alors que j'aurais pu l'enlever moi même) j'ai plus l'impression d'être un objet d'étude qu'une personne. Je suis transférée aux soins intensifs et une infirmière dit "aller aux soins intensifs à 23 ans j'aurais vraiment pas aimé" (c 'est vrai que moi c'était mon rêve !).
Après des examens différents il s'avère que j'ai une phlébite dans chaque jambe et une poche d'eau près du poumon, à cause de l'embolie, ce qui causait la douleur. Au bout d'une semaine je sors de l'hôpital, très difficile d'expliquer ce que je ressens, j'ai l'impression que ma vie est finie, je me documente sur internet et me rend compte que beaucoup de monde a eu des embolies et là je stresse en lisant les histoires. Du coup je pense que je fais un déni, je décide de ne plus y penser, je prend mes médicaments, je met mes bas de contention mais le reste je n'y réfléchi pas. Au bout d'un an j'arrête le préviscan, et contre l'avis des médecins je ne mets plus mes bas je ne les supporte pas. Egalement contre l'avis de certains médecins, ma gynéco me prescrit une micro pilule.
Tout va bien jusqu'à ce que je tombe enceinte, je vais chez le médecin qui me donne des piqures de lovenos à me faire tous les jours, c'est une vrai plaie pour moi, de me faire ça pendant 9 mois. L'accouchement se fait sans péridurale car je suis sous anticoagulant. Je continue les injections pendant 1 mois, puis j'arrête et reprend la pilule et là, 2 mois après l'accouchement mal aux jambes = phlébite. Donc voila cela fait 8 mois maintenant que c'est reparti pour un tour : préviscan, bas de contention à vie, controle INR… J'ai l'impression d'être repartie en arrière. Pourtant je le vis mieux, je me rend compte que j'ai beaucoup de chance de m'en être sortie quand je lis les témoignages sur ce site. J'ai encore de temps en temps des crises d'angoisse où je vais chez le médecin en pensant avoir une embolie, je supporte les bas de contention même en plein été à Toulouse bref je vis avec et essaie de profiter de tous les moments.