Eminé, 23 ans, victime d’une embolie pulmonaire bilatérale, Diane 35

Bonjour,

Tout comme de nombreuses personnes, j’ai moi aussi été victime de notre chère pilule nommée Diane 35. Âgée de 23 ans et en (très) bonne santé, j’ai consulté un endocrinologue pour un souci d’hirsutisme qui me pourrissait la vie. Vous imaginez mon bonheur quand, l’endocrinologue me prescrit l’Androcur associé à Diane 35 (que j’ai préféré à l’Oestrogel pour une question pratique). Sachant que j’ai consulté une première endocrino qui m’a fait faire de nombreux tests avant de me prescrire le traitement pour être sûre qu’il allait me convenir puis m’a prescrit un dernier test plus « poussé » que je n’ai pas pu réaliser, ayant déménagé pour du travail entre temps. Lorsque j’ai contacté un nouvel endocrinologue, je lui ai montré tout ce qui avait déjà été réalisé dans mon suivi et à la vue de la prescription de ce dernier test, il m’a répondu que cela n’avait pas d’utilité. Je ne l’ai donc pas fait et j’ai pu commencer mon traitement (après un an d’attente). Même si les effets n’allaient être visibles qu’après -au moins- 6 mois de traitement, j’imaginais déjà mon grand complexe lié à ma pilosité disparaître petit à petit. L’endocrinologue est informé que je suis fumeuse et me dit que de toutes façons, le mariage clope/pilule n’est dangereux qu’à partir de 35 ans. De mon côté, je suis aussi informée que ce mariage n’est pas bon, tout court. (Je précise pour éviter de faire passer l’endocrinologue pour l’inconscient médecin qui prescrit tout et n’importe quoi à ses patients…)

Au premier mois de mon traitement, je prends la dernière pilule de ma première plaquette. Le lendemain matin, je me réveille avec une sensation d’essoufflement ainsi qu’une légère douleur à la poitrine lorsque je respire. Je n’y prête pas plus attention que ça, pensant à la soirée entre amis passée la veille. En effet, il y avait beaucoup de fumeurs autour de moi (pièce fermée) et peut-être ai-je moi aussi un peu abusé sur la cigarette. Seulement, je souffre des mêmes symptômes toute la journée et cela ne fait qu’empirer jusqu’au soir. Ayant lu de nombreuses choses négatives à propos de l’Androcur et de Diane 35, je me dis que je devrais tout de même faire un tour aux urgences. Je suis pourtant le genre de personne qui ne va jamais chez le médecin, qui ne prend que très rarement des médicaments, même si la douleur est forte.

Aux urgences, le personnel soignant est persuadé que ce qu’il m’arrive est lié au stress. J’insiste et rappelle que je suis sous Androcur et Diane 35. Le médecin m’a déjà prescrit des doliprane et un médicament pour l’estomac, me redemandant constamment si des évènements indésirables sont survenus dans ma vie ces derniers temps. Je réponds que oui, mais que je ne suis pas plus affectée que d’habitude.

Par chance, il n’y a personne aux urgences ce soir là alors, on me fait une prise de sang « quand même ». L’heure des résultats, le médecin revient un peu gêné, me disant être surpris par des résultats « inquiétants. » Je passe un scanner juste après et là, verdict: Embolie pulmonaire bilatérale. Je ne sais même pas ce que c’est et demande à 4h du matin si je peux rentrer chez moi. Je travaille le lendemain, mon chat est seul à la maison, je n’ai plus de batterie sur mon téléphone, aucun contact sur le territoire pouvant m’aider, bref je dois rentrer! On comprend alors que je ne réalise pas ce qu’il m’arrive et on me répond cash: Vous auriez pu mourir si vous n’étiez pas venue ici ce soir et le risque est toujours présent. On m’annonce d’emblée que je dois arrêter mon traitement hormonal et ma pilule.

Chouette nouvelle.

Bilan: Une semaine d’hospitalisation, allongée, sans cigarette. Juste des patchs qui ne me font aucun effet. Puis des Atarax, tous les soirs et nuits, pour éviter les crises de manque et d’angoisse dont j’ai très vite été la cible. Fort heureusement, je peux sortir après une semaine d’hospitalisation (la première de ma vie). Je n’aurais pas supporté un jour de plus. Puis une semaine d’arrêt maladie. Trois mois sous anticoagulant prescrits. Je n’ai malheureusement pas réussi à arrêter de fumer mais juste diminué…  Depuis que je suis sous anticoagulant, je me sens constamment fatiguée et j’ai perdu l’appétit. Les résultats de mes prises de sang (INR) ont du mal à s’équilibrer, je suis souvent en dessous de l’INR cible. Alors rebelote: augmentation de la dose du médicament anticoagulant, puis prise de sang… En clair, le traitement que je croyais être ma « délivrance » est finalement devenu un vrai cauchemar.