Elena, 49 ans, Victime d’embolie pulmonaire, Cilest

J'ai 49 ans et je souhaiterais apporter ce témoignage concernant une EP que j'ai eu à l'âge de 34 ans. J'étais sous Cilest (pillule de 3è génération) depuis 9 ans. C'était donc en 1998. Je fumais 3/4 cigarettes par jour sans être dépendante du tabac. Je pouvais m'en passer aussi. A l'époque je fais un travail sédentaire. Il est probable que ces facteurs ont eu une incidence dans le déclenchement de l'EP, mais personne ne m'avait effectivement prévenue de l'association dangereuse entre ces trois facteurs. Au moment de la prescription de la pillule on m'a juste demandé si je la tolérais bien ce qui me semblait être le cas. Le gynéco m'assurait que cette nouvelle pillule minidosée était un vrai progrès. J'étais de plus en plus fatiguée. Je mettais cela sur le compte du travail. A un moment, j'ai eu très mal derrière le genou gauche pendant une dizaine de jours. Je ne savais pas ce que c'était. Puis, plus rien. 2/3 jours après cette phase, un soir je n'arrivais plus à respirer jusqu'au bout. Un coup de poing au thorax à chaque inspiration. J'ai pris deux aspirines croyant un bon rhume. Je pense que cela m'a sauvée du pire. Le lendemain le généraliste m'envoie aux urgences, suspectant une EP (il me le disait pas) et comme je n'avais plus mal au mollet, c'était pas évident à diagnostiquer. Même topo aux urgences où j'ai passé la journée, ma respiration étant de plus en plus difficile. Le soir la fièvre monte. Ils décident de me garder pour la nuit. Là encore, je pense que j'ai eu de la chance. Ils étaient à deux doigts de me renvoyer chez moi, alors que je ne tenais presque plus début. Le diagnostic était tjrs sur "un bon rhume qui ne se déclare pas". Ce n'est que le lendemain matin qu'un jeune médecin observant à la radio que le poumon gauche était plus petit que le droit ordonne une scintigraphie et que le diagnostic d'EP est en enfin posé. 6 mois d'anticoagulant. Plusieurs fois dans les années successives où j'ai cru y passer à nouveau. Port de bas médicaux. Heureusement pas d'anomalies diagnostiquées au niveau sanguin. J'ai pu porter à termes une grossesse à 40 ans sans trop de pb (anticoagulant, suivi.. mais pas de pb majeur). Mon EP a-t-elle été un accident ? Je pense en tout cas qu'elle aurait pu être évitée et que les pillules sont prescrites avec trop de legerté. Personnellement ayant développé un fibrome après avoir essayé le stérilet, je pense aussi que les femmes portent trop sur elles la question de la contraception et ses dangers. Pourquoi la médecine ne développe pas plus la recherche sur la contraception masculine, qui malgré la plus grande "démocratisation" du préservatif (suite au sida notamment) sont quand épargnés de tous ces tracas. Aujourd'hui on découvre ces problèmes liés aux pillules de 3è génération, j'ai fait une EP à 34 ans et ma vie sexuelle en a été fortement perturbée, sans parler du traumatisme psychologique qui existe toujours, ma mère a eu des pb avec celles de première, qu'est-ce qu'elle aura ma fille ?