Coralie, 25 ans, thrombose artérielle d’un membre supérieur, Trinordiol (2ème génération)

Bonjour,

Je m’appelle Coralie et ai choisi de vous raconter mon histoire car malgré ce qu’on a voulu nous faire croire à ma famille et moi je suis loin d’être un cas isolé.

J’avais 23 ans quand tout à commencé, un matin de septembre j’ai commencé à voir des filaments lumineux dans mon champ de vision, des crampes dans les bras et jambes, des fourmis dans la bouche… Prise d’angoisse j’appelle ma petite maman pour qu’elle vienne vite me chercher à mon travail pour m’emmener au cabinet médical qui me suit depuis des années. Selon le médecin qui m’a prise en charge, tension normale, température normale… ça va passer.

J’ai continué à souffrir de migraines accompagnées de troubles visuels, de crampes, certains doigts froids par moment et allais consulter 2 à 3 fois par mois (mon généraliste et ma gynéco faisaient partis du même cabinet médical). J’en ai juste récolté des tats d’anti-migraineux…

2 ans plus tard, sous ma douche, impossible de lever mon bras droit pour me laver les cheveux. Bon, j’ai mal mais après ces 2 dernières années j’ai appris à prendre sur moi et pars travailler… Impossible de serrer un stylo pour écrire, je retourne donc consulter. Et je me souviendrai toujours des paroles de ce terrible médecin : « C’est étrange, je sens très bien votre pouls à gauche mais rien à droite, bon, ça doit être un rhumatisme, je vais vous faire une ordonnance mais n’hésitez pas à revenir si ce n’est pas passé dans une semaine. ». Une semaine plus tard ce n’était pas passé, je n’en dormais plus mais il maintenait son diagnostique de rhumatisme.

Le lendemain matin le bout de mes doigts était devenu bleu ! Je me tordais dans tous les sens et pleurais de douleur dans la voiture de mon père qui me conduisant aux urgences.

Je me rappelle que mon père m’a porté à l’accueil, avoir entendu « salle de déchoc » et me suis réveillée 2 jours plus tard, la main momifiée, ouverte au poignet et à l’intérieur du bras ainsi que cuisse et cheville (car ils avaient tenté des auto-greffes en prélevant la veine saphène).

3 semaines sous traitement de choc : Iloprost, Morphine en IV, patch de Durogésic, Préviscan, Aspégic, Neurontin, Seroplex, Xanax… et la douleur s’intensifiait et mon bras devenait de plus en plus noir et puant. Une seule solution, l’amputation. Mais là aussi, quelle surprise quand un médecin vient vous proposer « au cas où on puisse sauver une partie de votre main, de vous couper des orteils pour vous les greffer à la place de vos doigts » !

Finalement je me suis retrouvé amputée limite en dessous du coude (et c’est une grande chance !! Merci au Pr Masquelet) et suis sortie de l’hôpital 3 semaines plus tard.

J’ai été recontactée par la suite par le Pr Mourad de médecine interne (il serait venu me voir pendant mon hospitalisation selon mes parents mais je ne m’en souviens pas). Pour lui, la pilule était probablement la cause initiale de ce qui m’était arrivé mais il voulait me faire passer des tests de coagulation pour soutenir son idée, et effectivement j’ai une très légère déficience en protéine C (fait par le Pr Connard à l’Hotel Dieu). Sauf qu’avec les troubles dont j’avais souffert pendant les 2 ans précédents la pilule aurait due m’être interdite sans hésitation.

Arrive le Centre de Rééducation, Valenton. Vous venez de subir une terrible épreuve qui vous a couté une partie de votre corps et « pour votre bien » on vous conseille d’aller dans ce magnifique centre avec un gouffre immense en son centre qui vous appelle à sauter ainsi que des équipes médicales qui passent leur temps à lire des magazines à scandales pendant que vous essayez depuis 20 min d’attacher votre soutient gorge ou beurer votre biscotte. Décharge de sortie signée au bout d’un mois de pleurs.

Bon… je viens de perdre mon emploi, mon logement, la maison que j’allais acheter avec mon compagnon, mon compagnon, il faut se reconstruire, mais il faut se faire reconnaître handicapé et mes parents, suite aux dires du Pr Mourad (malgré qu’on essaie de nous faire croire que c’était du jamais vu), veulent que justice soit faite.

Première étape, le dossier (ex) COTOREP : « après étude de votre dossier, vous êtes reconnue invalide à 5% » ! 5% pour mon bras dominant ?! Recours… pour obtenir au bout de 3 ans de paperasse et rendez-vous les 80% bien mérités !

Recours en justice : Le CRCi, conseillé par le cabinet d’avocats que mon père avait contacté. Alors on vous demande …€ et on vous prendra 10% de la somme obtenue^^ Le premier expert nommé décide qu’il n’y a aucun lien entre mes troubles des années précédentes et mon accident vasculaire. Il ne faut pas oublier qu’il est médecin et que forcément il ne va pas aller dans votre sens ! Heureusement les membres du CRCi n’ont pas accepté sa décision et a nommé 3 nouveaux experts pour étudier mon cas. On mesure vos cicatrices, vous demande d’exécuter certains mouvements du quotidien,… reprends votre dossier médical… et finalement les experts vont dans votre sens (peut-être aussi que le fait que les avocats nous aient recommandé un médecin conseil pour nous défendre a aussi pesé). Enfin bref, au bout de 5 ans à remuer ce que vous aimeriez oubliez on vous dit : « 50% erreur médicale et 50% malchance ». Que ce soit reconnu fait beaucoup de bien après des années de lutte mais la malchance a du mal à passer.

Un bras dominant « vaut » donc 100k€, des litres de larmes et les médecins condamnés exercent toujours actuellement !