Céline, Méliane

Bonjour,
J'ai lu avec effarement les témoignages présents sur ce site… en raison de leur similarité avec ce que j'ai pu vivre personnellement.

J'ai pris la pilule Méliane pendant 8 ans. Mon témoignage n'aura hélas aucun étayage scientifique, puisque rien ne m'a jamais été diagnostiqué, ni phlébite ni embolie pulmonaire.
Je souhaitais tout de même témoigner pour une raison précise: la coïncidence parfaite de l'occurrence de symptômes douloureux et assez caractéristiques avec la période durant laquelle j'ai pris de la Méliane, ainsi que leur quasi-disparition dès lors que j'ai cessé de prendre la pilule.

Je me suis vue prescrire la Méliane à 16 ans, par une gynécologue qui m'a assuré, sans le moindre doute, que cette pilule serait parmi celles que je tolérerais le mieux en raison de son "faible dosage". Et effectivement, je l'ai très bien supportée… jusqu'à ce qu'au bout de quelques années, je commence à m'inquiéter sérieusement pour mon état de santé général.

J'ai toujours eu une circulation sanguine assez "paresseuse" dans les extrémités des membres. Une sorte de "terrain favorable", en somme. Mais les troubles que je pouvais ressentir à l'accoutumée (ongles bleus, pieds glacés, jambes raides lors de la station debout prolongée) se sont sérieusement aggravés avec le temps.
 Par la suite, et de façon inexorable, il m'était toujours plus pénible de rester debout, immobile ou à devoir piétiner. Je devais tout limiter dans le temps, les trajets en transports en commun, les sorties shopping, même la vaisselle… sous peine de sentir mes jambes se transformer progressivement en poteaux de bois.
Les médecins parlaient tous d'une "fragilité naturelle", me prescrivaient des bas de contention, que je ne mettais jamais. J'avais l'impression de devenir une "vieille" pleine de rhumatismes, chochotte, et un vrai boulet pour les autres. J'étais "mal foutue" en quelque sorte.

Et puis un jour, où j'étais restée assise les jambes croisées toute la matinée, j'ai connu en me levant une sensation des plus angoissantes: ma jambe droite, sans que cela se remarque trop de l'extérieur, s'est mise à se raidir sans commune mesure, me contraignant même à boiter, tant je n'en avais plus l'usage. J'avais véritablement une "jambe de bois", douloureuse en plus.
 Ma mère a essayé de la masser, puis constatant l'ampleur de sa raideur, m'a emmenée aux urgences, craignant une phlébite. Le médecin qui m'a "examinée" en se contentant d'une simple prise de sang, m'a juste fait comprendre que je n'avais rien à faire à l'hôpital, sous- entendant presque une simulation de ma part. Mes troubles, eux, ont mis des mois à s'améliorer, et j'ai repris mon existence si triste avec mes "jambes lourdes", véritable fatalité.

Jusqu'à ce que je décide, n'ayant momentanément plus de petit ami, de faire une pause dans ma prise de pilule…
En quelques mois, mes symptômes de jambes lourdes ont commencé à s'améliorer d'eux-mêmes, et j'ai pu remarquer petit à petit avec grand étonnement que je tolérais de mieux en mieux la station debout prolongée. Je ne dirais pas aujourd'hui que rester debout m'est agréable, mais en tout cas, cela n'est plus insupportable, et je suis désormais en mesure de me passer de bas de contention.

Puis, je me suis remémorée aussi, en lisant vos témoignages sur les embolies pulmonaires, que j'avais, toujours durant la période où je prenais la pilule, déjà vécu un épisode similaire: Une douleur soudaine et inexpliquée au poumon, s'accompagnant de vrais "pics" de douleur, lancinants et atroces, lors d'un éternuement, d'un bâillement, d'une quinte de toux, ou d'un accès de rire. Là encore, le médecin que j'avais consulté n'avait pas jugé bon de pratiquer de réels examens, ni fait le moindre lien avec ma contraception. Et mon trouble avait également fini par disparaître de lui-même, sans avoir jamais été expliqué, mais au terme de près d'un mois de souffrance.

Pour résumer: deux problèmes de santé totalement inexpliqués (sauf à envisager une simulation de ma part, comme cela a parfois été le cas) qui sont survenus durant cette période bénie où je me fendais allègrement d'une trentaine d'euros pour 4 mois de Méliane, cette fabuleuse pilule "dernier cri"… qui a coûté la vie à d'autres Céline.
Je ne saurai jamais si j'ai ou non fait des débuts de phlébite et/ou d'embolie. Mais cela y ressemblait en tout points. Et je ne peux m'empêcher de penser, du coup, que j'ai arrêté de prendre cette saloperie à temps.