Caroline, 34 ans, Victime de thrombophlébite cérébrale, Jasmine

Bonjour, Je m’appelle Caroline. J’ai 34 ans. Fin aout 2014 je me suis rendue aux urgences de l’hôpital le plus proche de mon domicile qui se situe dans une grande agglomération…je souffrais alors de céphalées violentes et inhabituelles à type de décharges électriques à gauche, d’une douleur dans la nuque et de vomissements en jet. Je sors des urgences avec un diagnostic possible mais érroné de névralgie d’arnold . Devant la persistance de mes symptômes malgrè le traitement antalgique prescrit je me suis « écoutée » et je me suis fait confiance…Forte également de mes connaissances médicales je retourne à l’hopital quelques jours après de mon propre chef où je bénéficie d’une angioIRM cérébrale qui met en évidence une thrombophlébite cérébrale étendue. Je suis alors immédiatement hospitalisée en neurologie et commence un traitement par AVK. Je n’ai bien heureusement pas eu de séquelles motrices ni sensorielles car prise en charge dans des délais relativement brefs mais je ressens depuis cet épisode une grande fatigabilité à l’effort et je n’ai pas pu à ce jour reprendre mon activité professionnelle et mon rythme de vie antérieur. Je vis au ralenti…Avant cette épisode j’étais une jeune femme active voire hyper active, je n’avais jamais eu de problèmes de santé. Je ne fumais pas, j’ai pris la pilule diane pendant plusieurs années puis j’ai arrêté ma contraception deux ans pour reprendre jasmine 9 mois avant d’être hospitalisée pour une thrombose. Dans mes antécédents familiaux: une phlébite chez mon père à l’âge de 58 ans et une embolie pulmonaire chez mon grand père à l’age de 70 ans. Aucune recherche particulière sur un trouble de la coagulation n’a été fait alors chez eux… Durant mon hospitalisation le bilan étiologique a mis en évidence que j’étais porteuse d’une mutation du facteur 2 a l’état hétérozygote. Une enquête familiale a pu être déclenchée et il s’avère que plusieurs membres de ma famille du côté paternel sont atteints de cette mutation. Mon cas va donc permettre de prévenir pour mes proches le risque de thrombose. Je tiens à témoigner car je pense qu’il est important d’alerter les utilisatrices de pilule oestroprogestative des symptômes possibles divers et variés pouvant annoncer une thrombose, d’alerter également les professionnels de santé sur les symptômes de la trombose veineuse cérébrale dont le diagnostic est difficile car le tableau clinique se résume souvent à de « simples » céphalées, pour que devant des céphalées inhabituelles chez une jeune femme sous contraceptif ils puissent être vigilants et prescrire une imagerie dans les délais les plus brefs. Il ne faut pas banaliser la prise de la pilule oestroprogestative car elle peut bien malheureusement tuer. Nous n’avons pas forcément conscience qu’il s’agit d’un médicament avec tous les risques que cela comporte.Je souhaite également soutenir toutes les jeunes femmes ainsi que leur famille dans la souffrance, je partage leur douleur et leur peine et l’association bien sur. Il me semble important de se battre pour qu’un bilan de thrombophilie puisse être fait de manière SYSTEMATIQUE avant toute prescription d’oestroprogestatif étant donné le risque mortel de ce type de prescription en cas de thrombophilie quelqu’en soit le cout. La vie n’a pas de prix…Primum non nocere…