Anonyme, 19 ans, Victime de thrombophlébite cérébrale, Diane 35

Je m'appelle XXX, je viens d'avoir 19 ans. Au mois de janvier dernier, je commence a ressentir d'énormes maux de tête. Je reviens de vacances au ski entre amis, j'ai fait la fête la veille pour notre dernière soirée. En soi rien d'alarmant, je suis persuadée que le mélange fatigue/froid/fête est la cause de ces douleurs difficilement supportables. C'est vrai, j'ai déjà eu des maux de crâne le lendemain de soirée, mais la, je sens bien que c'est plus puissant que d'habitude. Une sinusite par dessus n'arrangeant pas les choses , mes maux de tête ne se passent pas, bien au contraire ils s'amplifient. Je suis de plus en plus "patraque", je me réveille la nuit a cause de mes douleurs, mon œil droit est lourd et douloureux, mon dernier repas de midi avant de tomber dans le coma se fait dans la difficulté : je suis chez une amie, ce n'est que quelques jours après nos vacances au ski, et je tiens difficilement debout, mon crâne me fait terriblement mal, je rentre a la maison. Le soir même, ma nuit est horrible, je me réveille a cause des douleurs, mes tempes sont prêtes a exploser, et le matin je suis dans un état second. Mes parents ne me reconnaissent pas, je suis comme traumatisée, prostrée. J'ai le comportement de quelqu'un qui a peur, qui a été agressée, mes parents me demandent si quelqu'un m'a fait du mal, si je me suis disputée avec une amie, avec mes frères, si un garçon m'a violé. Bref, nous apprendrons plus tard que ce symptôme de prostration est un des symptômes de ce qui a failli me coûter la vie : une thrombophlébite cérébrale. Étant de plus en plus prostrée, mes parents m'emmènent aux urgences, le médecin pense a une méningite. A partir de ce moment la, le trou noir, je ne me souviens de rien. Mes parents attendent 06h aux urgences que quelqu'un daigne me prendre en charge, mon papa me racontera plus tard qu'il disait "ma fille est en train de partir il faut que quelqu'un s'en occupe vite". Et en effet, j'étais en train de mourir a petit feu. Ce n'est que lorsque je fais une crise d'épilepsie que l'on se soucie vraiment de ce qu'il m'arrive.
Je passe une IRM en étant inconsciente, et le verdict est sans appel : thrombophlébite cérébrale.
Je tombe dans le coma, et je suis placée en réanimation neuro traumato. Les professeurs qui voient mes parents les préviennent : je risque de ne pas passer la nuit, je risque fortement de mourir prochainement. Je suis suivie par un des plus grands professeurs de France qui dit a mon papa "je vais sauver votre fille".
Je passe une nuit, puis deux, puis plusieurs … En tout et pour tout je reste une semaine dans le coma, lorsque le pronostic vital n'est plus engagé, on annonce a mes parents que j'ai 90% de chances d'avoir de très lourdes séquelles. Le 17 janvier, un réveil est tenté. Les sédatifs baissent, et tout doucement je sors de ce coma qui m'a arrange du monde pendant 7 jours. Je commence a rêver, et en ouvrant les yeux, je vois une chambre d'hôpital. Je suis intubee, branchée de partout. Je passerai les détails sur mon séjour en réanimation et en neurologie, je ne suis pas la pour faire du pathos.
Très vite, une des causes de mon AVC semble être évidente : je prenais Diane 35, certes depuis 2 ans et non pas depuis 6 mois, mais tout de même. Je ne tiens pas a rendre responsable Diane 35 de ce coma, mais je sais, et nous savons tous, que la prise de cette pilule a été un des facteurs aggravant. Les internes en médecine l'avouent sans gêne, tandis que les médecins sont déjà plus réticents a l'avouer explicitement. A l'heure qu'il est je suis interdite de pilule a vie, il me semble que cela prouve que la prise de pilule n'a rien arrangé … Certes il y'a eu sûrement d'autres facteurs et mon AVC est un "accident", mais cet accident a failli me faire mourir a 18 ans.
On pense toujours que ça n'arrive qu'aux autres, et j'étais moi même la première a le penser, et puis un jour c'est son enfant, sa sœur, sa copine, sa cousine, ou soi même que l'on retrouve en réanimation, dans le coma, entre la vie et la mort.
Les préventions contre la pilule ne sont pas des opérations commerciales basées sur la peur, ce sont des faits réels. Soyez vigilants… Ça n'arrive pas qu'aux autres.