Amandine, 31 ans, Victime d’une embolie pulmonaire, Jasmine

Je suis tombée sur votre site durant mon hospitalisation et tenait à apporter ma pierre à l’édifice dès ma sortie.

Mon inquiétude concernant mon état de santé a commencé il y a un mois. Jusque là j’avais une santé de fer que j’entretenais par la course à pied. J’arborais fièrement mes seulement 3 jours d’arrêt maladie en presque 7 ans d’activité professionnelle jusqu’à ce fameux jour de début mars où j’ai fait un footing un peu inhabituel qui m’a alerté : je ne tenais pas plus d’une minute en trottinant, avais la sensation que j’allais m’évanouir si je continuais et que mon cœur allait lâcher.

Connaissant mon corps jusqu’au bout des ongles grâce à cette pratique sportive, j’ai tout de suite compris que quelque chose d’anormal se tramait et j’ai pris rendez-vous chez mon médecin traitant. En parallèle je tachais d’être plus à l’écoute de mon corps et constatait que j’arrivais anormalement essoufflée en haut d’une série de marches dans le métro, parfois à en avoir des vertiges, je mettais du temps à récupérer, j’avais une vilaine toux qui ne me lâchait pas et commençait à me demander si il n’y avait pas un lien avec le fait que j’avais mal au bras gauche depuis quelques temps.

Trois jours après j’arrive donc chez mon médecin. Il met mon essoufflement sur le dos de mon terrain asthmatique et explique mon mal au bras gauche par une sorte de tendinite que j’ai dû faire en répétant régulièrement le même mouvement dans la journée, à savoire : répondre au téléphone. Il me conseille dorénavant de travailler avec un casque téléphonique. Je repars avec une ordonnance de Symbicort et de Ventoline pour traitement de fond de mon asthme.

Mais mon asthme, je cohabite avec depuis l’âge de 8 ans ! Je la connais dans tous les contextes, y compris durant mes entraînements. Je décide de laisser sa chance une petite semaine au traitement prescrit et continue de m’entrainer tous les 2 jours. Mon entrainement est pour moi une sorte de baromètre qui me permet de suivre ma progression/régression, je me lève donc tous les 2 jours avec l’espoir que ma séance sera meilleure que la précédente. Mais je suis toujours aussi handicapée dans ma course, je répète une dizaine de jours la même séance d’entrainement sans aucune progression. Mon cardiofréquencemètre m’indique des fréquences cardiaques explosives pour une vitesse de course qui est en réalité plus une vitesse de marche. Tous les 2 jours lorsque je lis mes mesures, je constate que mon cœur ne perd pas de battements minutes et qu’au contraire il en gagne. Je décide alors d’aller voir un cardiologue spécialisé dans le domaine du sport sans demander l’avis de mon médecin traitant.

J’explique mon cas depuis le départ au cardiologue. Mes essoufflements, mon rythme cardiaque élevé par rapport à l’intensité de l’effort qui est plutôt moindre, et les douleurs thoraciques qui se sont ajoutées depuis ma dernière visite chez le médecin. J’ai enfin l’impression d’être comprise.
Elle me fait un éléctrocardiogramme et constate que j’ai le cœur à 90 pulsations/minute au repos. Un peu élevé à son goût pour une sportive de seulement 31 ans. Elle pense à une hyperthyroïdie, me demande de faire une analyse de sang et de revenir le jeudi suivant pour faire un test d’effort.

Le week-end passe, mon état ne s’améliore pas, les douleurs thoraciques sont de plus en plus oppressantes. J’ai l’impression de respirer dans une armure qui serait trop étroite pour moi.

Arrive lundi, après le déjeuner je suis prise d’une douleur soudaine qui me tiraille tout le côté gauche et j’ai une sorte de point qui m’appuie entre le cœur et l’épaule. La douleur passe au bout d’une trentaine de minutes. Ce jour là je passerai ma première nuit en position assise, la position allongée étant trop douloureuse.

Après cette nuit difficile je décide d’appeler S.O.S Médecin. Il m’examine et met mon état sur le compte d’un état anxieux. Il me donne de Lexomil pour descendre mon rythme cardiaque, me prescrit un sirop pour les bronches, me donne une ordonnance pour faire une radio pulmonaire et m’envoie travailler.

En sortant du travail je passe récupérer les résultats de mon exploration thyroïdienne : rien ! Je rentre chez moi presque déçue que cette piste soit écartée. Mais je ne tarderai pas à connaitre le vrai diagnostic. Au moment d’aller me coucher je suis prise de douleurs brutales sur tout le côté gauche. L'impression qu'on me met des coups de poignards de plus en plus violents dans le dos. Je tente de me lever de mon lit mais le moindre mouvement m'est douloureusement insupportables. Je parviens à glisser de mon lit sur les genoux et à m’appuyer à l’aide des avants bras sur ma table de nuit pour me relever. Je reste pliée en deux mais arrive avec beaucoup de peine jusqu’au téléphone. Chaque pas me provoque "un coup de poignard" et un hurlement de douleur.

Une ambulance, les urgences, une batterie d’analyses, une radio pulmonaire et un scanner plus tard, on me demande de ne surtout pas poser le pied à terre. Un médecin viendra m’expliquer la raison de cette interdiction formelle. Le médecin arrive, le diagnostic tombe : vous venez de faire un infarctus pulmonaire dû à une embolie pulmonaire bilatérale, massive, on vous transfère aux soins intensifs du service cardiologie de l’hôpital Saint-Antoine.

Toutes les causes classiques d’embolie ayant été écartées, les médecins jettent leur dévolu sur 2 facteurs : pilule Jasmine associée à mon anémie dont je n’avais pas connaissance.

Je souhaite bon courage à toutes celles qui suivent un traitement pour venir à bout de leur embolie. En espérant que mon témoignage pourra mettre sur la voie d’autres femmes souffrant de symptômes identiques avant qu’il ne soit trop tard.